Une vingtaine d’implantations de ce type de stents ont eu lieu à Rhône Durance et Saint-Pierre sans aucune difficulté depuis le début d’année en avant-première française dans la « vraie vie ». 

Les stents résorbables « bioactifs » à Rhône Durance

L’athérosclérose consiste en des dépôts de cholestérol dans la paroi des artères pouvant, à terme, occlure ces dernières et entraîner des dégâts graves dans les tissus irrigués par ces artères : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite, toutes les artères pouvant être touchées mais les localisations énoncées ci-dessus étant les plus fréquentes.

La prévention passe par un régime limitant les graisses animales, une activité physique régulière et éventuellement des médicaments anti cholestérol. Mais une fois les artères obstruées que peut-on faire ? Les désobstruer bien sûr : c’est l’angioplastie… ou contourner l’obstacle (c’est le pontage).

2013 va probablement être l’année de la quatrième révolution en angioplastie des artères coronaires (et probablement des autres artères).

La première révolution a eu lieu en 1977 quand Andreas Gruntzig a mis au point la technique d’écartement par des ballonnets gonflables (et dégonflables) des artères coronaires.  Néanmoins la dilatation par ballonnet a vite montré ses limites, les artères se refermant dans près de 50% des cas par élasticité ou par fractures des dépôts d’athérome.

La deuxième révolution a eu lieu en 1986 avec l’apparition des endoprothèses coronaires (appelées stents) dont la première implantation a été réalisée par le Dr Jacques PUEL à Toulouse. Il est placé après la dilatation au ballonnet et reste à vie dans l’artère. Mais le stent aussi a montré ses limites : dans 15 à 20% des cas une cicatrisation excessive traverse les mailles du stent et vient bourgeonner dans la lumière artérielle en la rétrécissant à nouveau.

D’où la troisième révolution : les chercheurs ont réussi en 2001 à poser sur les mailles des stents des médicaments bloquant cette cicatrisation excessive : ce sont les stents « actifs » ou « habillés ». Leurs résultats à long terme et la sécurité des dernières générations de stents actifs sont excellents.

Néanmoins d’aucuns ont pu considérer que la persistance à vie de ce tuteur métallique dans l’artère n’était pas une solution parfaite, le stent n’ayant plus d’intérêt passé le temps de la délivrance de la substance active (quelques semaines) et de la cicatrisation de la paroi (quelques mois). De nombreuses recherches ont alors visé à le faire disparaître. Depuis quelques mois la société Abbot commercialise un stent en Acide Polylactique recouvert d’everolimus.

Celui-ci délivre en un mois la drogue active, supporte la paroi un an puis se dissout progressivement en… eau et gaz carbonique.Des études ont montré des résultats à 5 ans aussi bons qu’avec les stents actifs et une possibilité de récupération de la vasomotricité artérielle à l’endroit stenté (évidemment impossible avec les stents en alliage). Le concept de stent « biorésorbable » est ainsi lancé et apparait très séduisant intellectuellement.

« Reste à démontrer la supériorité de ce concept sur les générations de stents précédentes. Et à obtenir une prise en charge par l’assurance maladie… Tous les espoirs sont permis ! » conclut le Dr Joël SAINSOUS, Cardiologue Interventionnel à Rhône Durance. « Actuellement, tenant compte du nombre limité de ces endoprothèses à notre disposition,leur implantation est plutôt réservée aux sujets jeunes » rajoute le Dr Philippe CABROL, Cardiologue Interventionnel à Saint-Pierre.